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Ta dose de pop culture des bières

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Par Juliette Phuong
16 nov. · 3 mn à lire
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Déguster les bières industrielles ?

Et la défense des brasseries artisanales, on en fait des guirlandes ? 

Indus = industriellesIndus = industrielles

Scandale !

Je vais animer des ateliers de dégustation avec des bières industrielles, et ce ne sera même pas sponsorisé par les marques.

Explications.

Parenthèse sur la définition des bières industrielles ici.
Grossièrement, ce sont toutes les bières filtrées et pasteurisées, qui ont un profil aromatique constant. C’est pour cela que je les moque parfois en les opposant aux bières artisanales que je qualifie volontairement de “vivantes”. On peut aussi les repérer par leur appartenance à un
groupe industriel mais c’est plus subtile parfois.

Cela ne devrait pas te surprendre. J'ai une admiration sans fond pour l'artisanat, ça va de la broderie à la maroquinerie en passant par la bière, évidemment.

Ce que j'aime avant tout, ce sont les aspérités. 

Les produits artisanaux ne sont pas lisses. D’une pièce à l’autre, d’une série à l’autre, il y a de la variabilité. Je ne parle même pas de qualité, je parle de profil, de caractère. 

Il y a une dimension magique dans la transformation de la matière première, puis dans le fait de lui trouver un nom, une identité. 

Déguster des bières artisanales, c'est passionnant parce qu'il y a de la diversité, de la surprise, pour une même recette. D'un brassin à l'autre le houblon peut s'exprimer un peu plus, ou alors la garde a dû être prolongée pour tel brassin parce qu'il y a eu un coup de froid exceptionnel.

Avec des moyens de production artisanaux il y a forcément de la variabilité dans le profil des produits.

Alors que les bières industrielles, ce sont les mêmes partout, tout le temps. À quelques poils de fesse près. Et elles sont généralement moins chères, du moins sur le ticket de caisse, on parlera des coûts de la bière une autre fois. 

Du coup, pour les expérimentations, c’est parfait.

Et même que je vous donne des idées pour jouer avec.

Tester la verrerie

Des gens disent qu'à chaque bière correspond un verre, pour une meilleure expérience de la dégustation. Ne les crois pas sur parole.

Pour comprendre pourquoi, fais la dégustation de la même bière dans plusieurs verres. Et pas juste une lichette hein, il faut verser la quantité prévue (par la forme du verre) pour voir comment la taille de la calice influe sur la perception de la couleur. Pour plus de considération sur les verres, je t’invite à (re)lire Quel verre à bière ?

Tester les variations de température

Selon la température, la bière ne déploie pas tout à fait les mêmes arômes. Avec une bière industrielle, c’est parfait pour faire un test sans m’énerver parce que tu laisses trainer ta bière au risque de la gâcher.

Tutoriel (faut s’accrocher)

  1. Verser une bière directement sortie du frigo

  2. La déguster trop froide

  3. Attendre la température idéale, environ 8 degrés

  4. Re déguster à température “idéale”

  5. Attendre qu'elle soit à température ambiante

  6. Re re déguster

Tu constateras qu’elle n’a pas tout à fait la même texture ou goût. À toi de jouer.

Servir de base zéro

Pour des ateliers, en présentiel ou distanciel, commencer par une même bière industrielle permet à tout le monde de positionner ses perceptions par rapport au même produit. C’est le RESET de la dégustation.

Travailler les faux-goûts

Pour exercer sa capacité à percevoir les défauts de la bière, il existe des kits avec lesquels on vient littéralement pourrir une bière. Ainsi on peut apprendre à identifier l’acide isobutyrique (goût vomi de bébé qui indique une infection) ou encore le DMS (sulfure de diméthyle) qui a un goût d’oignon ou de maïs cuit. 

Tu comprends bien qu’on préfère pourrir une même base “neutre” plutôt que la bière pépite que tu as rapportée du Québec. 

Cuisiner, et se foirer

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